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jeudi 23 avril 2020

Interview de Bruno Le Maire sur France Info : " Ce n'est pas aux petits bailleurs de payer l'addition. "


Le Ministre de l'Economie Bruno Le Maire a rappelé ce matin sur France Info que le deuxième étage du fonds de solidarité avait été activé, et que les commerçants qui n'auraient pas été en situation de payer leur loyer pouvaient le demander.
Il a ensuite fortement appuyé sur le fait que les petits bailleurs avaient besoin de ces loyers pour vivre, qu'ils n'avaient pas à payer les frais de la crise sanitaire que nous traversons.


Invité : Il peut souvent arriver que les propriétaires soient des particuliers, des personnes qui ont investi pour leur retraite afin d’avoir un complément de revenu. Des particuliers qui se sont parfois endettés pour acheter ces commerces et qui se retrouvent aujourd’hui dans une situation où les commerçants ne payent par leurs loyers en disant : « De toute façon, avant que vous me poursuiviez il y aura du temps » et « Faites un effort solidaire comme tout le monde, comme les grands investisseurs, comme les bailleurs institutionnels : renoncez à vos loyers ou alors on vous paiera plus tard ».



France Info, Marc Fauvelle : C’est votre cas aujourd’hui ?

 Invité : Non, mais c’est un cas pratique réel. Ce n’est pas un cas théorique. La question que je me posais était est-ce qu’il ne serait pas préférable d’envisager pour ces personnes qu’un fonds, ou que les banques rachètent leurs créances, ce qui permettrait aux particuliers de recevoir le paiement des loyers avec bonne échéance et à un tiers de porter le poids de la dette pour ne pas aggraver la situation - qui deviendrait une situation de précarité, à un moment où l’Etat essaye de maintenir l’activité économique donc maintenir l’offre. Mais s’il n’y a personne pour acheter, cela ne fonctionnera pas. Il faut des personnes pour consommer, pour que le mécanisme fonctionne. Donc ne serait-il pas envisageable d’avoir un mécanisme de cession de créance avec une forme de garantie de l’Etat ?

France Info, Marc Fauvelle : La réponse de Bruno Le Maire.



Invité : Il peut souvent arriver que les propriétaires soient des particuliers, des personnes qui ont investi pour leur retraite afin d’avoir un complément de revenu. Des particuliers qui se sont parfois endettés pour acheter ces commerces et qui se retrouvent aujourd’hui dans une situation où les commerçants ne payent par leurs loyers en disant : « De toute façon, avant que vous me poursuiviez il y aura du temps » et « Faites un effort solidaire comme tout le monde, comme les grands investisseurs, comme les bailleurs institutionnels : renoncez à vos loyers ou alors on vous paiera plus tard ».

France Info, Marc Fauvelle : C’est votre cas aujourd’hui ?

 Invité : Non, mais c’est un cas pratique réel. Ce n’est pas un cas théorique. La question que je me posais était est-ce qu’il ne serait pas préférable d’envisager pour ces personnes qu’un fonds, ou que les banques rachètent leurs créances, ce qui permettrait aux particuliers de recevoir le paiement des loyers avec bonne échéance et à un tiers de porter le poids de la dette pour ne pas aggraver la situation - qui deviendrait une situation de précarité, à un moment où l’Etat essaye de maintenir l’activité économique donc maintenir l’offre. Mais s’il n’y a personne pour acheter, cela ne fonctionnera pas. Il faut des personnes pour consommer, pour que le mécanisme fonctionne. Donc ne serait-il pas envisageable d’avoir un mécanisme de cession de créance avec une forme de garantie de l’Etat ?

France Info, Marc Fauvelle : La réponse de Bruno Le Maire.

 Bruno Le Maire : La réponse c’est le deuxième étage du fonds de solidarité que nous avons mis en place. Il y a eu un premier étage qui était une indemnisation à 1500€. Déjà +600 entreprises en ont bénéficié et 1 million sont demandeurs. Et puis il y a un deuxième étage qui fonctionne au cas par cas, qui peut aller jusqu’à 5000€ d’indemnisation dans lequel on peut mettre ce loyer. Des commerçants qui n’auraient pas été en situation de payer leur loyer peuvent le demander. Il a été mis en place le 15 avril, c’est très récent, mais ils peuvent demander à bénéficier de ce deuxième étage de fonds en disant « écoutez on ne peut pas payer notre loyer, on ne pas arriver à le rembourser sur le long terme parce que notre activité aujourd’hui est dégradée donc nous demandons l’accès à ce deuxième étage du fonds de solidarité ». C’est ça la réponse.





Bruno Le Maire : Et je vais être très clair sur votre question qui est très intéressante, ça n’est pas aux petits bailleurs retraités, ça n’est pas aux petits bailleurs ni à ceux qui ont besoin de ces loyers pour vivre ou pour compléter des revenus qui sont faibles, de payer l’addition.
C’est pour ça que je n’ai pas accepté qu’on fasse une quelconque obligation sur les petits retraités, sur les petits bailleurs parce que je pense que cela aurait été profondément injuste. Déplacer la difficulté des commerçants vers les petits retraités « c’est déshabiller Pierre pour habiller Paul », cela ne marche pas comme ça.
Donc je n’ai pas voulu que les petits retraités, les petits bailleurs, ceux qui ont besoin de ces loyers comme complément de revenus payent l’addition. C’est le fonds de solidarité qui doit jouer ce rôle là.



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